Ode à Budapest

Ode à Budapest

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Pays de verre brisé sans mirage annoncé,

Tu avances lentement dans la douceur du soir.

Sur le fleuve qui reflète l’acier des amours décharnées

Est passée tout à l’heure une harmonie d’espoirs.

Hélas, pour qui sonne le temps des amandiers fleuris

Annonce également l’arrivée des Anges Maudits.

Pâlissent les étoiles et les douairières en dentelles,

Le Danube sort ses griffes en péniches éternelles.

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Trésor, ton coeur blessé saigne encore et par lui,

Mes souvenirs d’enfant reviennent en chantant.

Les fous rires, les farandoles envolées dans les prairies aussi.

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La perte de mon innocence, à jamais te la dois, France,

Mais voilà que soudain la Belle Impératrice,

De notre âme est venue adoucir le supplice

D’une domination étrangère, la douleur et la souffrance

Effacer d’un sourire et déjà notre Reine a grandi

En chacun de nous comme une fleur qui s’épanouit.

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Au jardin des hivers aux soleils mélancoliques,

J’entrevois désormais la ronde enchantée d’autrefois.

Mon Amour, tu es là où que je suis et c’est pour toi,

Ville de mon éveil, que j’écris ces suppliques.

Sisowath Ravivaddhana Monipong

Budapest, 23 octobre 1997